Réouverture des écoles et des collèges : "Dans l’enseignement catholique, c’est le chef d’établissement qui décide"

06/05/2020

Article extrait de la dépêche de l'AEF, disponible en cliquant ici

 

L’enseignement catholique breton, qui scolarise 252 000 élèves, se prépare à la réouverture des écoles et collèges. Françoise Gautier, présidente du CAEC de Bretagne, rappelle à AEF info, le 4 mai 2020, que "dans l’enseignement catholique, c’est le chef d’établissement qui décide". "Après avoir calculé la surface de l’établissement, le nombre d’enfants qui souhaitent revenir, c’est lui qui décidera de rouvrir ou pas", explique-t-elle. L’enseignement catholique, qui juge la reprise "possible, et même souhaitable", rappelle que "la priorité, c’est de respecter les consignes sanitaires".

 

"La position de l’enseignement catholique, c’est d’accueillir le plus souplement possible les familles qui souhaitent remettre leurs enfants à l’école, avec comme priorité le respect des consignes sanitaires", déclare Françoise Gautier, DDEC des Côtes-d’Armor, et présidente du CAEC de Bretagne.

La décision de réouverture reviendra au final au chef d’établissement, qu’il dirige une école, un collège ou un lycée. "Dans l’enseignement catholique, c’est le chef d’établissement qui décide, rappelle-t-elle. C’est lui qui, après avoir calculé la surface de l’établissement, le nombre d’enfants qui souhaitent revenir, les particularités des locaux, décidera de rouvrir ou pas".

Dans le diocèse voisin, à Nantes, un directeur de collège a annoncé dès le 1er mai qu’il ne rouvrirait pas son établissement. Dans son message aux parents, il évoque les risques sanitaires : "si un enfant ou un adulte contractait le Covid-19, j’en porterais la responsabilité, n’ayant pas su ou pu assurer la sécurité sanitaire qui leur est due".

Il estime "ne pas disposer de tous les moyens et garanties nécessaires pour accueillir l’ensemble des enfants". Expliquant qu’il a "une obligation de moyens et non de résultats", il fait le choix de poursuivre l’enseignement à distance, "et de n’accueillir que les enfants de soignants, des forces de l’ordre ainsi que de tous ceux qui n’ont d’autres choix que de quitter leur domicile pour relancer l’activité économique du pays".

 

BEAUCOUP DE FAMILLES HÉSITENT

En Bretagne, pas de décision similaire pour le moment : "Nous n’avons pas eu de remontée de ce type de la part des chefs d’établissement", indique Françoise Gautier. "Les équipes éducatives travaillent actuellement sur leur plan de reprise. Les chefs d’établissement sont en train de recueillir le positionnement des parents sur un retour à l’école de leurs enfants. D’après les premiers éléments que nous avons, un petit pourcentage de familles sont sûres de remettre leurs enfants à l’école, un petit pourcentage de familles sont sûres de ne pas les remettre, et un gros pourcentage de familles hésitent. Ça peut tout à fait se comprendre. C’est pour cela qu’il faudra faire preuve de souplesse, et par exemple leur proposer de se positionner dans un premier temps, sans que leur choix ne les engage jusqu’à la fin de l’année scolaire".

Cette "souplesse" pourra aussi concerner la date de "rentrée" des élèves : "si les écoles ont besoin de l’étaler sur plusieurs jours, ce n’est pas un problème". Autre exemple cité par Françoise Gautier : "les personnels Ogec des collèges, qui n’ouvriront pas avant le 18 mai, peuvent intervenir dans les écoles pour aider à la reprise… Même chose pour les enseignants. La souplesse est aussi dans la solidarité !"

 

LA MOITIÉ DES ÉCOLES DES CÔTES-D’ARMOR SONT RESTÉES OUVERTES

Les personnels Ogec (personnels non enseignants salariés de l’enseignement privé) sont associés à la préparation de la réouverture. "Un bon nombre d’entre eux connaissent déjà les consignes en matière d’hygiène ou de nettoyage", estime Françoise Gautier, qui rappelle que la moitié des écoles catholiques, dans les Côtes-d’Armor, ont continué à accueillir des enfants (de personnels soignants en majorité) pendant le confinement. "Ce qui sera nouveau, c’est le port du masque, et les nouvelles consignes, comme l’aération des classes cinq fois par jour".

Pour ce qui concerne les chefs d’établissements et les enseignants, Françoise Gautier est convaincue "qu’ils feront le maximum". "Ils ont déjà fait preuve, pendant le confinement, de beaucoup d’imagination et de disponibilité. Ils réfléchissent actuellement à des modifications des emplois du temps, à des sens de circulation dans les couloirs, à des changements de classe par les enseignants, plutôt que par les collégiens". Autres pistes de réflexions : prévoir des arrivées à l’école ou au collège sur des plages horaires différentes, pour éviter un flux d’élèves important au même moment ; supprimer les temps périscolaires; organiser différemment la cantine…

 

DE LA "RÉSILIENCE" DANS LES DIRECTIONS DIOCÉSAINES

"Nous n’organisons pas un retour à la normale, mais une période II du Covid-19", prévient Françoise Gautier. "Nous allons reprendre en ayant vécu deux mois inédits, avec plus ou moins de joie. Il est important que chacun puisse parler de cette période, qui a pu être source de richesse ou de souffrance. Ce n’était pas une simple parenthèse". Des "fonctions de résilience" seront activées dans chaque direction diocésaine, "en lien avec les psychologues de la DDEC".

Pour Françoise Gautier, les chefs d’établissement et les enseignants auront également ce rôle de "tuteurs de résilience" : "tenir, reprendre, rebondir… Ce sont les objectifs que nous nous sommes fixés. Il y a eu beaucoup de créativité en matière de pédagogie, mais aussi de nouveaux modes de pilotage, de management. Le lien avec les familles a souvent été renforcé en cette période. Il est important de s’interroger : comment garder le meilleur ? Comment fonctionner autrement à l’avenir ?"

 

Dépêche n° 627227
Par Diane Scherer  
Publiée le 06/05/2020 à 11h56

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